Stages 2020

"Bouteille à la mer" - Février 2020

Animation par Marie

Dès le lancement du « WE Nouvelle » sur le thème « Une bouteille à la mer », un groupe de 9 participants : 8 femmes et un homme a été constitué. Un ami, habitué des nouvelles et ateliers d’écriture, a joué avec nous par messageries croisées portant ainsi le groupe à 10 personnes.

Les 3 jours initialement retenus, 15, 16 février et 14 mars 2020 ont été bousculés par la pandémie qui a touché l’ensemble du monde. Le 14 mars devait être la grande journée de lecture des textes aboutis. Reportée au 16 mai suivant, elle a donné lieu a de sympathiques retrouvailles dans le garage de l‘animatrice, transformé pour l’occasion en « salon d’écriture » respectueux des gestes barrière alors en vigueur.

Le cadre de l’atelier ayant été posé, les participants ont été invités à se « mettre en plume » par le biais de jeux courts en lien avec le thème choisi.

Par la suite, une documentation sur la cohérence entre le fait de jeter une bouteille contenant un message et celui d’avoir toutes les chances de la trouver, a été distribuée à chacun(e) ainsi qu’une liste de figures de style possiblement utilisables.

Une heure d’écriture a été proposée pour les premiers pas dans une nouvelle suivie des lectures de chaque texte puis, des retours, permettant la poursuite des récits dans lesquels il s’agissait d’introduire une contrainte liée à : « MONDRIAN ». Une copie de quelques tableaux du peintre Piet Mondrian étaient joints à la documentation annexe.

C’est ainsi que l’on peut découvrir les 10 textes contenus dans le recueil élaboré à l’issue du stage.

Marie

Histoire sans fin par Agnès Epardeau

Pêche en eaux troubles par Anne Brie

Engrenages par Brigitte Penaud

La vague par Bruno Blancheton

Naufrage de Christiane Filiatrault

Idiote de Danièle Cordier Portal

D-day de Françoise Diago

Rêver c'est déjà ça de Gérald Filias

Une longue histoire de Monique Lacotte

 

Art du papier / Ecriture - Janvier 2020

Animation par Martine

« Avec trois fois rien, Daniel MAR suscite l’émotion et la réflexion ».

À la fin de la visite de l’exposition « Paper art » consacrée à cet artiste au Musée du papier d’Angoulême nous en étions convaincus.

Quelques personnes ont voulu à leur tour jouer les sculpteurs d’histoires. Pendant deux journées ils se sont retrouvés pour entrelacer art du papier et écriture.

Qu’ont-ils trouvé DERRIERE LA PORTE ?

Nous vous invitons à le découvrir.

Derrière la porte, mes souvenirs…

A l’arrivée, quelques pas qui prolongent l’attente, la curiosité.

Le lieu est humide, le temps, la rivière…

La porte franchie, c’est l’ancien moulin qui s’ouvre.

De l’eau, encore.

Quelques marches et l’entrée, que nous passons ensemble, dans l’impatience de la découverte.

L’arbre de vie qui nous accueille suscite l’étonnement, devant la minutie du travail.

Le thème est là, devant nous.

Le chemin que nous allons faire révèle petit à petit l’art de l’exposant, la délicatesse avec laquelle il trace, puis découpe ses constructions.

Nous entrons dans un monde où le simple papier blanc affiche son imagination.

Il tisse une rivière de personnages qui nous emmènent, avec émotion.

Nous suivons ses ondes créatrices, tous, imprégnés parfois par son humour, parfois par son humanité.

Le flot de ses pensées embarque les nôtres, là où nous ne pensions pas aller.

De l’enfance à l’amour, de l’amour à la mort, le voyage, la faim, le vide, le plein, la vie.

Justement, le vide, le plein, c’est ce qu’il a choisi comme expression ; c’est son seul découpage qui nous fait pénétrer ses représentations.

Quand nous franchissons la porte de sortie, au milieu des rires et des paroles, une part de nous reste dans le flot des rêves.

Les siens et les nôtres mêlés.

Nous repartons vers nos propres ailleurs, chacun emportant avec lui ces instants partagés.

Tel les ondes d’un cours d’eau.

Brigitte P

Retour d’expo, nos souvenirs

Il faut arroser les souvenirs comme des fleurs en pot et cet arrosage exige un contact régulier avec des témoins du passé, c'est à dire avec des amis. Ils sont notre miroir; notre mémoire; on n'exige rien d'eux, si ce n'est qu'ils astiquent de temps en temps ce miroir pour que l'on puisse s'y regarder.

Milan Kundera

L'identité

La porte

Nichée dans son parement de pierre

Elle monte la garde

Et reste bien fermée.

Que peut-elle cacher ?

Quelque bonheur tranquille ou un drame secret ?

Une famille aimante, une âme solitaire ?

Un jeune enfant rieur, un triste grabataire ?

Des pièces monacales, un intérieur cossu ?

Comment sont donc les murs ?

Désespérément nus ou couverts d'œuvres d'art ?

 Van Gogh, Chagall, Picasso, Klimt, Daniel Mar ?

Et vers quoi s'ouvre- t-elle ?

Une vaste nature, un parc très arboré,

Une rue passagère ou une cour fermée ?

Une cité minière ou sur un vaste ciel ?

Stoïque, elle attend qu'on veuille bien l'ouvrir

Se demande souvent qui pourra bien venir.

Et ne sait qu'une chose : elle ouvre le passage

A tous ceux qui le veulent  grands, petits, fous ou sages

Entre la vie dehors et celle d'intérieur,

Que l'on soit  très connu ou bien simple amateur.

 Ouverte ou fermée, aurait écrit Musset.

Parfois entre-baillée,

Elle offre liberté, souvent sécurité.

Fidèle, elle reste là et ne fait pas un pas

Elle voit, entend  tout, que le diable l'emporte,

Mais  elle reste de bois,

Là, sur son quant-à-soi.

Pouvez en être sûr, jamais rien ne colporte.

la porte.

Françoise B

L’artiste

A la porte du papier

Passer la porte de l’inconnu n’est jamais facile. Mais au-delà de celle-ci, tout est possible. L’important est d’en ressortir différent.

Arrivé dans ce monde pas si imaginaire qu’il n’y parait, il faut laisser son esprit vagabonder. Il n’est pas obligatoire de réfléchir ? L’esthétisme de l’œuvre a assez de force pour le faire à votre place.

Des émotions ? Des réminiscences ? Des interrogations ? Le drame serait qu’il ne se passe rien !

Vous pouvez aussi penser à celui qui a réalisé ce travail. A tout le plaisir qu’il prend chaque fois qu’assis devant sa table à dessin, cutter en main, il entaille d’une manière irréversible la feuille de papier. Au moment où, le dernier petit morceau de papier tombé, il peut prendre du recul et contempler son ouvrage d’un œil critique et satisfait à la fois.

Jean-François S.